Antiparasitaires pour animaux de compagnie : vers des ventes plus encadrées au Royaume-Uni pour protéger l'environnement

Bien conseiller, c'est protéger l'animal, l'entourage familial et l'environnement.

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Écotoxicité

Au Royaume-Uni, un rapport de la Chambre des Lords émet plusieurs recommandations pour mieux évaluer l'impact environnemental des antiparasitaires destinés aux chiens et aux chats et pour encadrer davantage leur usage afin d'en limiter les risques. Le conseil personnalisé est au coeur de cette nouvelle approche.

Chaque année au Royaume-Uni, des millions de doses de produits contre les puces, les tiques et les vers sont données aux chiens et aux chats. Ces produits ne sont pas sans conséquence pour l'environnement : une partie se retrouve dans les rivières, par exemple quand un animal traité se baigne ou quand on le lave. On ne sait pas encore mesurer précisément cet impact.

Pour cette raison, un rapport de la Chambre des Lords (une des deux chambres du Parlement britannique), publié en août 2026, recommande que ces produits ne soient plus vendus librement sans un conseil adapté à chaque animal.

Quels produits sont concernés ?

Le rapport vise surtout les antiparasitaires externes, c'est-à-dire ceux qui agissent contre les puces et les tiques. Il s'agit des pipettes (spot on) et des comprimés contenant des molécules comme le fipronil, l'imidaclopride ou les isoxazolines. La plupart des conclusions s'appliquent aussi aux vermifuges.

Le constat

Deux points posent problème selon les auteurs. D'abord, rien ne prouve scientifiquement qu'il soit nécessaire de traiter tous les animaux toute l'année de façon systématique. Ensuite, on manque de données sur la toxicité de ces molécules pour les insectes, les poissons et plus généralement la faune des cours d'eau (c'est ce qu'on appelle l'écotoxicité).

Ce que le rapport demande au gouvernement britannique

Le rapport propose d'abord de mieux connaître la situation : combien de produits sont vendus et utilisés, quels parasites sont réellement présents et à quelle fréquence et quel est le niveau de pollution des rivières lié à ces traitements. Il demande aussi que tous les antiparasitaires fassent l'objet d'une évaluation complète de leur risque pour l'environnement avant leur mise sur le marché et que de nouvelles recherches soient financées sur le sujet.

Il souhaite également revoir les liens entre l'autorité britannique du médicament vétérinaire (le VMD, équivalent de l'Agence nationale du médicament vétérinaire en France), les laboratoires et les organismes internationaux qui fixent les règles d'enregistrement des médicaments. L'objectif est d'éviter tout soupçon de conflit d'intérêts.

Deux mesures toucheraient directement la pratique quotidienne. La première : ces produits ne pourraient plus être délivrés qu'avec un conseil personnalisé donné par une personne compétente (vétérinaire, pharmacien ou personne ayant reçu une formation adaptée). Cela limiterait aussi la vente libre sur Internet. La seconde : sur l'emballage des pipettes, l'interdiction de baignade après application passerait à 28 jours.

Un accueil favorable de la profession outre-Manche

Pour le moment, la réglementation n'a pas changé mais ce rapport pourrait rapidement conduire à restreindre la vente libre de ces produits, au moins le temps d'obtenir plus de données. Cela pourrait aussi entraîner leur retrait des forfaits de prévention que proposent de nombreuses cliniques britanniques. L'Association des vétérinaires britanniques (BVA) a salué ces recommandations. Elle y voit l'occasion de traiter chaque animal selon ses besoins réels plutôt que par habitude, en tenant compte à la fois de la santé de l'animal, de celle des humains et de celle de l'environnement : c'est l'approche One Health (Une seule santé).

Et pour l'ASV ?

Ces mesures ne concernent pour l'instant que le Royaume-Uni mais elles annoncent une tendance pour un conseil renforcé et une limitation d'usage qui pourrait s'étendre. Au comptoir, l'ASV joue déjà un rôle clé dans le conseil antiparasitaire. Il peut s'informer sur le mode de vie de l'animal : sort-il, vit-il avec d'autres animaux, va-t-il dans l'eau ? Il peut rappeler les précautions après application d'une pipette, notamment éviter la baignade et les shampooings et ne pas laisser l'animal traité dormir avec des enfants juste après. Il peut aussi orienter vers le vétérinaire pour adapter la fréquence des traitements. Autrement dit : bien conseiller, c'est protéger l'animal, l'entourage familial et l'environnement. M.J.

Sources : rapport « Paws for concern: pets, parasites and pollution », Chambre des Lords, août 2026 ; communiqué de la British Veterinary Association du 5 août 2026 ; Dépêche Vétérinaire n° 1811 (article d'Alice Laurens).

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